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Pourquoi et comment demeurer « alcoolique abstinent »

✍️
Alexis RUHAMILIZA
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July 2, 2025
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Par Alexis RUHAMILIZA, Consultant en Gestion de Projets et autonomisation des jeunes - Formateur

L'alcoolisme est devenu une maladie récurrente dans le monde entier, même si, dans certaines sociétés, il continue d'être considéré comme un sujet tabou ou, au contraire, comme un phénomène tout à fait normal. Presque partout, notamment dans les grandes villes, nous voyons chaque jour des affiches et des enseignes faisant la publicité de l'alcool et incitant à sa consommation.

Nous constatons également que l'alcool est l'une des drogues les plus consommées au monde et qu'il génère un chiffre d'affaires considérable. Quelle que soit sa forme — bière, vin, spiritueux ou liqueur —, l'alcool cause des dommages tant au consommateur qu'à la société. Consommé régulièrement, il s'installe progressivement dans nos habitudes et devient une addiction dangereuse, d'autant plus qu'il est difficile, même si ce n'est pas impossible, de s'en libérer.

Comme pour toutes les maladies et les addictions, il existe heureusement des structures d'accompagnement thérapeutique et psychologique destinées à venir en aide aux personnes souffrant d'une dépendance à l'alcool. L'accompagnement consiste à aider le patient à se détourner de l'alcool et à entreprendre une vie d'abstinence durable.

Cependant, dès le lendemain de sa décision d'abandonner l'alcool, l'ancien buveur peut être confronté à des situations qui lui rappellent constamment son passé d'alcoolique. S'il ne s'y est pas suffisamment préparé, il risque de rechuter rapidement et de retourner à son point de départ.

Le présent article propose des conseils pratiques inspirés des témoignages d'alcooliques abstinents ainsi que de thérapeutes et de coaches spécialisés, qui ont acquis une solide expérience grâce à l'accompagnement de nombreux patients, à leur propre parcours ou à leurs recherches sur le sujet.

1. Pourquoi devenir alcoolique abstinent ?

L'alcool est une drogue dont les conséquences sont particulièrement néfastes. Il altère nos facultés physiques et mentales, ruine nos ressources financières, détériore notre vie sociale, brise des familles, provoque des accidents de la route et entraîne la perte de nombreuses vies humaines. Chacun peut dresser une longue liste des ravages causés par l'alcoolisme. Il s'agit d'une maladie parmi tant d'autres, mais dont les conséquences sont particulièrement destructrices. Dès lors, vivre sans alcool devient le meilleur moyen de retrouver sa santé et d'éviter le pire.

Nous appelons « alcoolique abstinent » l'ancien buveur qui a pris conscience des dangers que représente l'alcool pour sa santé, qui a choisi de vivre dans la sobriété et qui s'efforce de ne plus consommer une seule goutte d'alcool.

Pour parvenir à cette décision, le buveur doit reconnaître, à travers son expérience, que la consommation d'alcool le conduit à de graves difficultés. Il doit également reconnaître son impuissance face à cette addiction.

Il existe, en effet, des personnes qui consomment de l'alcool sans présenter une dépendance absolue ou qui parviennent encore à contrôler leur consommation. On peut les qualifier d'alcooliques actifs. À l'inverse, d'autres deviennent totalement prisonniers de l'alcool. Pour eux, l'abstinence constitue souvent une condition indispensable à leur survie.

Nous parlons d'« alcoolique abstinent » parce que l'alcoolisme est une maladie chronique dont il est difficile de prétendre être complètement guéri. Après plusieurs semaines ou plusieurs mois d'abstinence, l'ancien buveur peut avoir l'impression d'être totalement rétabli. Il est vrai que la disparition progressive de l'alcool dans l'organisme, le retour d'un sommeil réparateur et une meilleure hygiène de vie permettent de retrouver un équilibre physique et psychologique appréciable.

Cependant, le retour aux anciennes habitudes, c'est-à-dire la reprise de la consommation d'alcool, conduit presque inévitablement à une rechute.

Lorsque nous souffrions encore de l'alcoolisme, nous avons vécu cette expérience à plusieurs reprises. Il nous arrivait d'interrompre notre consommation pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Nous étions parfois capables de rester abstinents pendant six mois. Au terme de cette période, nous retrouvions confiance en nous et pensions qu'un ou deux verres ne pourraient plus nous faire de mal.

Nous nous laissions alors tromper par cette illusion et recommencions à boire. Or, pour un alcoolique, un seul verre n'est jamais suffisant. Dès que l'on commence, le besoin d'en reprendre un autre se fait rapidement sentir, tout en se persuadant qu'il n'y a aucun danger. Cette tentation nous replongeait progressivement dans notre ancienne dépendance, parfois dans une situation encore plus grave qu'auparavant.

Lorsqu'on prend pleinement conscience des dégâts causés par le dernier verre, on comprend qu'il est préférable de ne plus en reprendre du tout. Pour la personne dépendante, un seul verre suffit souvent à relancer le cycle de l'addiction.

La meilleure démarche consiste donc à rechercher l'accompagnement de professionnels — thérapeutes, spécialistes des addictions ou coaches — capables d'aider la personne à développer des stratégies de prévention des rechutes, de résilience et de maîtrise de soi.

Mener une vie d'abstinence n'est pas une démarche facile. L'ancien buveur continue à vivre dans une société où l'alcool est omniprésent : les anciens compagnons continuent à boire, les réunions familiales se déroulent souvent autour d'un verre et les occasions festives restent nombreuses. Il doit également répondre aux interrogations de son entourage concernant son nouveau mode de vie et reconstruire progressivement des relations familiales parfois profondément détériorées par des années d'alcoolisme.

Pour réussir cette nouvelle étape de sa vie, il lui sera très utile de connaître certaines attitudes et stratégies pratiques qui lui permettront de préserver durablement son abstinence.

2. Les attitudes à adopter face à son entourage

Devenir alcoolique abstinent ne vous confère pas un statut particulier au sein de la société. Vous demeurez un membre à part entière de votre communauté et devez continuer à y vivre en acceptant sa diversité et ses réalités. Vous serez inévitablement amené à côtoyer des personnes qui consomment de l'alcool. Vous ne pourrez pas toujours éviter ces situations. Ce qui importe, ce n'est pas tant ce que font les autres que votre propre attitude, votre manière de réagir et votre capacité à rester fidèle à votre engagement.

a) Lors d'une réception

De nombreux nouveaux alcooliques abstinents se demandent s'il est prudent d'assister à des réceptions ou à des fêtes où l'alcool sera servi.

Au début de votre abstinence, il est préférable, dans la mesure du possible, d'éviter ce type de rassemblements. Cette précaution n'a pas vocation à durer toute la vie ; elle vise simplement à vous protéger pendant la période où votre abstinence demeure encore fragile.

Après quelques mois, lorsque vous vous sentirez plus solide dans votre démarche, vous pourrez progressivement recommencer à participer à certaines réceptions.

Si l'hôte est un ami ou une personne proche, n'hésitez pas à le prévenir à l'avance de votre décision de ne plus consommer d'alcool. Cette information lui permettra de prendre les dispositions nécessaires afin que vous soyez accueilli dans les meilleures conditions.

Il est également conseillé de ne pas arriver trop tôt. L'idéal est d'arriver lorsque la plupart des invités sont déjà présents, au moment où la cérémonie ou le repas commence. Vous éviterez ainsi d'assister aux longues périodes consacrées à l'apéritif, souvent les plus propices à la tentation.

Préparez-vous également aux questions, parfois indiscrètes, que certaines personnes pourraient vous poser. Elles seront peut-être surprises de vous voir choisir une bouteille d'eau, un jus de fruits ou un soda.

Vos anciens compagnons pourront vous dire :

— « Tu ne bois plus ? »

— « Un seul verre ne peut pourtant pas te faire de mal ! »

— « Toi aussi, tu t'y mets ? »

Il n'est pas nécessaire d'entrer dans de longues explications. Une réponse simple, calme et polie suffit :

« L'alcool ne me convient plus. »

« J'ai décidé de prendre soin de ma santé. »

« Je me sens beaucoup mieux sans alcool. »

« Je préfère ne plus boire. »

Une personne respectueuse acceptera votre décision sans insister. Il arrive cependant que certaines personnes cherchent à vous convaincre, voire à vous ridiculiser. Dans ce cas, il est inutile de répondre aux provocations. La meilleure attitude consiste à garder votre calme et, si la situation devient inconfortable, à quitter discrètement les lieux.

Votre priorité demeure la préservation de votre abstinence.

b) Au travail

Le monde professionnel offre également de nombreuses occasions où l'alcool est présent : signature d'un contrat, accueil d'un nouveau responsable, cocktail, repas d'affaires, fêtes de fin d'année ou célébrations diverses.

Ces événements ne doivent pas devenir une source d'angoisse. Ils constituent au contraire une excellente occasion d'assumer sereinement votre nouveau mode de vie. Commandez simplement une boisson non alcoolisée, sans chercher à vous justifier.

Dans la plupart des cas, vos collègues apprécieront votre démarche. Beaucoup considèrent même qu'une personne ayant réussi à abandonner l'alcool fait preuve d'une grande force de caractère, de discipline et de responsabilité.

Ne craignez donc pas le regard des autres. Bien souvent, il est beaucoup plus bienveillant que vous ne l'imaginez.

c) Faut-il retourner dans un bar ?

La réponse dépend principalement de la raison qui vous y conduit. Durant les premiers mois de votre abstinence, il est fortement recommandé d'éviter les bars et tous les lieux où l'alcool constitue l'activité principale. Le risque de rechute y est particulièrement élevé.

Avec le temps, certaines circonstances pourront toutefois vous amener à rencontrer un ami, un collègue ou un partenaire d'affaires dans un café ou un restaurant où de l'alcool est servi. Il ne sera pas toujours possible d'éviter ces situations.

Dans ce cas, votre meilleure protection sera votre préparation. Dès votre arrivée, commandez immédiatement une boisson non alcoolisée : un jus de fruits, une eau minérale ou un soda. Le fait d'avoir déjà une boisson devant vous limitera les propositions insistantes de votre entourage.

Évitez également de vous installer au comptoir. Les bouteilles exposées derrière le bar peuvent réveiller des souvenirs agréables associés à votre ancienne consommation et raviver des envies que vous croyiez disparues.

En matière d'abstinence, l'anticipation constitue souvent la meilleure des protections.

3. Attitudes au sein de la famille : la nécessité de faire des compromis

Dès la prise de décision de mener une vie sans alcool, il est important d'en informer les membres de votre famille. Les plus proches en sont peut-être déjà informés par votre thérapeute ou par un autre accompagnateur. Toutefois, il est toujours préférable de leur annoncer vous-même cette décision, presque de manière officielle. Cette démarche constitue un engagement solennel envers eux et renforce la valeur de votre décision.

En principe, la famille est la première à pouvoir vous soutenir dans votre choix. Vous devez donc prendre soin de vos relations avec ses membres et éviter, autant que possible, les tensions et les querelles qui vous opposaient autrefois lorsque vous étiez encore sous l'emprise de l'alcool.

La plupart des alcooliques abstinents doivent affronter une dure réalité à leur sortie des centres de réhabilitation. L'abus d'alcool nous a souvent fait tellement de mal que nous finissons par perdre l'estime, la confiance et parfois même le respect de notre famille. Or, ces valeurs ne se retrouvent pas en un seul jour, ni simplement parce que vous avez annoncé votre décision de vivre dans l'abstinence.

D'ailleurs, il est possible que, par le passé, vous ayez déjà interrompu votre consommation d'alcool pendant un certain temps sans que cela ne conduise à un véritable changement. Il est donc normal que votre famille ne vous accorde pas immédiatement sa confiance. Il vous faudra du temps, de la persévérance et surtout de la sincérité dans votre démarche pour la convaincre.

Même si personne ne vous félicite ou ne reconnaît immédiatement votre abstinence, vous devez vous efforcer de mener une vie qui reflète réellement votre choix. C'est un élément essentiel pour reconstruire des relations saines avec votre famille.

Savoir faire des compromis avec les membres de votre famille est également indispensable. Vous devrez apprendre à dialoguer, à négocier, à gérer les conflits autrement et, surtout, à faire des concessions. Évitez d'être le premier à vous mettre en colère ou à vouloir tout exiger immédiatement.

Il existe peut-être des sujets qui, dans le passé, ont provoqué des tensions ou des divisions au sein de votre famille. Certains de ces sujets ont même pu contribuer à votre rechute ou constituer l'un des facteurs ayant favorisé votre addiction. Il peut s'agir, par exemple, d'un projet personnel qui n'a pas reçu l'approbation de vos parents, d'un nouveau mode de vie qui a été mal accepté ou encore d'une relation amoureuse contestée par votre famille ou vos proches.

Dans les premiers temps de votre abstinence, il est préférable de ne pas chercher à raviver ces sujets ni à les remettre sur la table, car ils risquent de réveiller des blessures encore sensibles. Il faut laisser le temps au temps.

Lorsque vous serez solidement rétabli et que la confiance aura été progressivement restaurée avec votre famille, vous pourrez alors, si vous le jugez utile ou nécessaire, revenir sur ces questions dans un climat serein et respectueux.

N'exigez donc pas que tout soit réglé immédiatement. Vous n'êtes pas en position de force. Vous devez apprendre à négocier, à faire des compromis, à accueillir les critiques avec humilité et, lorsque vous êtes en tort, à être le premier à présenter vos excuses.

Les premiers jours et les premières semaines passés auprès de votre famille constituent, en quelque sorte, une période d'observation et de mise à l'épreuve. C'est durant cette période que vos proches évalueront la sincérité et la constance de votre engagement dans une vie nouvelle, libérée de l'alcool.

4. Savoir rebondir

L'alcoolisme laisse souvent derrière lui de nombreuses pertes. Au cours de la période d'addiction, il n'est pas rare que la personne perde son emploi, voie ses relations familiales se détériorer, s'éloigne de ses amis, abandonne certains de ses talents ou compromette des projets qui lui tenaient à cœur. Parfois même, elle perd son foyer ou met fin à une relation affective importante.

Lorsque nous décidons de vivre dans l'abstinence, nous devons avoir le courage de regarder cette réalité en face. Il est essentiel de faire un bilan lucide de ce qui a été perdu, en distinguant ce qui peut encore être reconstruit de ce qui appartient désormais au passé.

Certaines pertes pourront être réparées. Il sera peut-être possible de retrouver la confiance de ses proches, de renouer des amitiés, de reprendre une activité professionnelle, de développer un talent longtemps négligé ou de réaliser des projets abandonnés.

D'autres, en revanche, ne pourront plus être récupérées. Certaines personnes auront définitivement quitté notre vie. Certaines occasions ne se représenteront jamais. Certaines blessures demeureront irréversibles.

Cette réalité peut être douloureuse, mais elle ne doit pas devenir un motif de découragement. Elle doit plutôt nous apprendre à orienter notre énergie vers ce qui dépend encore de nous.

Mon Dieu, donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celles que je peux, et la sagesse d'en connaître la différence.

Accepter ce que l'on ne peut plus changer, c'est par exemple reconnaître qu'il serait vain de vouloir reconstruire une relation avec un ancien conjoint qui a refait sa vie pendant notre période d'addiction. Ce n'est pas renoncer à l'amour ; c'est accepter la réalité pour pouvoir avancer.

À l'inverse, retrouver un emploi, reprendre des études, restaurer sa santé, reconstruire des liens familiaux ou retrouver une stabilité financière sont autant d'objectifs qui demeurent accessibles grâce à la persévérance et à la discipline. Le rétablissement ne consiste donc pas à effacer le passé. Il consiste à construire un avenir différent.

Conclusion

L'alcoolisme est une maladie grave qui mérite d'être prise au sérieux. Beaucoup d'entre nous ont connu des situations où leur vie, leur santé ou celle d'autrui ont été mises en danger à cause de l'alcool.

Comme d'autres maladies chroniques, l'alcoolisme exige un traitement, un accompagnement adapté et, surtout, un changement durable de mode de vie. À l'image du diabète ou de certaines autres maladies chroniques, il nécessite une vigilance quotidienne afin de prévenir les rechutes.

Par crainte de la stigmatisation, de nombreuses personnes préfèrent vivre leur abstinence dans la discrétion ou au sein d'organisations telles que les Alcooliques Anonymes. Ce choix est parfaitement respectable. L'anonymat permet à beaucoup de retrouver confiance et de cheminer à leur rythme.

Toutefois, il nous semble qu'il existe également une autre manière de contribuer à la lutte contre l'alcoolisme : celle du témoignage. Les personnes qui ont réussi à retrouver la sobriété possèdent une expérience précieuse. En partageant leur parcours avec humilité, elles peuvent redonner espoir à ceux qui souffrent encore.

La rechute ne doit jamais être interprétée comme un échec définitif. Elle constitue souvent une étape du processus de guérison. L'essentiel est de reconnaître rapidement ses difficultés, de demander de l'aide lorsque cela est nécessaire et de reprendre la route sans céder au découragement.

L'alcoolisme est une maladie, mais ce n'est pas une fatalité. Chaque journée vécue dans la sobriété est une victoire. Chaque décision de refuser le premier verre est un pas de plus vers une vie plus libre, plus digne et plus sereine.

« Être alcoolique abstinent n'est donc pas seulement une manière de vivre sans alcool ; c'est un choix quotidien, un engagement envers soi-même et envers ceux que l'on aime. C'est surtout la preuve qu'il est toujours possible de renaître, quelles que soient les épreuves traversées. »

Cet article est une invitation à comprendre et à accompagner ceux qui ont choisi la voie de l'abstinence — un chemin exigeant mais porteur d'espérance.

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